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Le Trèfle à 4 feuilles, pour la chance

Dernière mise à jour : 8 mai

Il existe une autre tradition, précise-t-il: «la première feuille apporterait la renommée ; la deuxième, la richesse ; la troisième, l’amour ; et la quatrième, la santé». Le trèfle à 4 feuilles symbole de chance et de bonheur. La légende autour de cette petite plante est universelle et chargée de d'ondes positives


Pourquoi le trèfle à 4 feuilles porte chance

Plante bénéfique, le trèfle l'est assurément mais ce n'est rien au regard des pouvoirs exceptionnels du trèfle à quatre feuilles, porte bonheur par excellence dans tout l'Occident. Rôle qu'on peut expliquer par sa (relative) rareté et par le fait que ses quatre folioles rappellent la forme d'une croix. Pour les Anglo-Saxons, « le trèfle à quatre feuilles doit, semble-t-il, sa réputation à Eve qui en emporta un avec elle quand elle fut chassée du paradis ».

Cependant, la renommée du trèfle à quatre feuilles paraît largement antérieure à l'ère chrétienne : elle trouverait son origine deux cents ans avant Jésus-Christ dans les îles Britanniques, où les druides fascinés par sa rareté profitaient (tout comme le faisaient les druides gaulois) des cueillettes de gui pour en rechercher.

Le trèfle à quatre feuilles trouvé par hasard annonce une rencontre sentimentale importante le jour même pour les Anglais, et un mariage prochain. Les Américains soutiennent que si vous le mettez dans votre chaussure, la première personne du sexe opposé qui vous accompagnera en promenade sera votre futur conjoint. En France, pour que le présage amoureux s'accomplisse, il faut placer le trèfle dans de l'eau bénite (en Lorraine et en Valois), le cueillir à minuit ou une nuit de pleine lune (en Gironde), le mettre dans la poche de celui ou celle qu'on souhaite séduire, et, en Bretagne, se mettre à genoux pour le saisir avec les dents : le trèfle à quatre feuilles arraché dans ces conditions assure également la victoire à la lutte. Selon certains vieux manuscrits d'herboristerie, il est préférable de récolter le trèfle à quatre feuilles le lundi, d'être à jeun et de lui dire : « Je te veux pour l'amour ». Placer la plante magique dans le missel du prêtre, ou sur l'autel, le temps d'une messe augmente ses pouvoirs ; la passer un instant sous les narines de sa bien aimée suffit à la rendre amoureuse. Dans les Vosges, on recommande de dire, au moment où elle respire le parfum du trèfle : « Gabriel, illa sunt ».

Le trèfle à quatre feuilles promet également, disait on au XVe siècle, bonheur et richesse jusqu'à la fin de ses jours. Il « fait deviner ce qui est caché », d'où l'expression : « Il ne faudrait pas un trèfle à quatre feuilles pour deviner cela ! » Il rend chanceux au jeu : autrefois, le trouver sous une potence augmentait ses pouvoirs, surtout si l'on en prenait possession après minuit le premier jour de la lune. On peut également suivre la recette du Grimoire du pape Honorius (Rome, 1670) :

Nous l'avons vu en début d'article, sa réputation n'est plus à faire

Celui ou celle qui trouve le trèfle à quatre feuilles, s'il le garde en révérence, sachiez, pour aussi vraie que Evangile, qu'il sera heureux et riche toute sa vie". Partie à la fin du XVe siècle dans les Évangiles des quenouilles, cette maxime met l'accent sur la nécessité à entourer le trèfle de respect en le faisant sécher, par exemple, entre les pages d'un missel ou d'une Bible.

"Une feuille pour la renommée,

Une pour la richesse

Une pour l'amour sincère,

Et une pour sa santé :

Elles sont toutes dans le trèfle à quatre feuilles."

La liste des bienfaits prêtés au trèfle à quatre feuilles semble ne pas avoir de limites, mais les nombreuses superstitions rattachées à l'amour, l'argent et le jeu laissent entrevoir les capacités exceptionnelles de la plante à exceller dans ces trois domaines.

En Lorraine, le trèfle à quatre feuilles protégeait des fantômes, en Bretagne, il éloignait le diable et dans les Vosges, tout en rendant invisible celui qui l'avait placé sous sa semelle gauche, il protégeait des enchantements et permettait, à condition de le porter à son insu, de tuer un loup-garou. Dans le pays d'Albret, « pour savoir quelles sont les sorcières d'un village, on met du trèfle à quatre feuilles dans le bénitier, au moment de la messe ; les sorcières sont obligées de sortir les dernières et le prêtre (et lui seul) pourra voir qu'elles ont une lumière sur la tête ».

Selon les Belges, on peut, grâce au trèfle magique, voyager sur l'eau sans danger et gagner un procès. En Angleterre, où la rumeur courut pendant la dernière guerre que l'homme qui portait un trèfle à quatre feuilles à sa boutonnière serait réformé, on dit : « Une feuille pour la renommée, une feuille pour la richesse, une feuille pour l'amour sincère, et une feuille pour la santé ».

Enfin, on peut considérer le trèfle à quatre feuilles comme un excellent présage dans n'importe quel domaine. « Au début de la guerre de 1870, une des dépêches de l'Impératrice à son mari disait que la petite Malakoff "avait trouvé un trèfle à quatre feuilles" et semblait en tirer un bon présage pur le succès de nos armes ».

Il faut savoir que donner le trèfle à quatre feuilles que l'on a trouvé « augmente la chance ». On peut se contenter d'une amulette de métal représentant la plante, qui favorise la réussite. L'anneau d'or, d'argent ou de cuivre serti d'un trèfle à quatre feuilles procure en outre une bonne santé et porte bonheur. Le trèfle à quatre feuilles monté sur un bracelet, une chaîne de montre, une épingle à cravate, ou représenté sur des objets, du papier à lettres, etc., fit fureur à Paris à la fin du XIXe siècle : « On m'a assuré, rapporte un témoin, que certaines personnes, dans cette ville pourtant bien sceptique, croyaient véritablement à l'heureuse influence que pourrait avoir une amulette de cette espèce portée constamment sur soi ». Des années plus tard, en Italie, certains modèles de la firme automobile Alfa Roméo présentaient sur leur capot un trèfle à quatre feuilles vert (dans un triangle blanc), notamment celui qui courut au Mans en 1970 et qui remporta sur les circuits de nombreuses victoires. Selon une croyance du Moyen Age, consommer pendant quatre jours un trèfle à quatre feuilles guérissait des fièvres. Le trèfle blanc passait dans le Béarn pour être efficace, notamment contre le affections de la vue, si on en frottait la partie malade entre onze heures et minuit avec cette conjuration : « Mal sauvage, mal sorcier, sors de là, de la part du Bon Dieu. » Au XVe siècle, on était également persuadé du danger que l'on encourait à marcher pieds nus sur un trèfle à quatre feuilles : l'homme aurait des fièvres et la femme serait trompée.

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